Lima

Le Tandemotion Pérou 0 Comments

Après 22 heures de bus avec une pause chez le marchand le plus désagréable et le plus cher de la planète péruvienne, j’arrive au cœur de Lima. Comme aux précédentes arrivées en bus, les regards s’arrêtent quand on me voit remonter mon vélo. Seulement cette fois-ci, je sens une ambiance plus incertaine. Je me dépêche de tout remettre sur roues entre les livraisons de fruits et légumes rangées en caisses tout autour de moi. Il y a beaucoup de monde, les gens attendent, se fraient des passages entre les énormes colis, les légumes et les véhicules pour grimper dans les bus en mode “last minute”. C’est sale. Ça ne sent pas très bon. Je trace.

J’ai faim. je m’arrête au premier vendeur que je rencontre. Ça tombe bien. Avec cette ambiance, j’en avais oublié de regarder mon chemin. Direction Mano a Mano, une association franco-péruvienne qui m’a été recommandé par une amie française. Assiette de maïs soufflé, poulet et haricots secs, petite boisson à la chicha et c’est reparti !

La conduite est chaotique. Non, au départ il n’y a pas de conduite. Il y a tellement de véhicules que j’en viens à devoir slalomer entre voitures, tchuktchuks, taxis et combis pour avancer. Il est 17h30 et le soleil se couche dans 1 heure … le GPS m’indique 90 minutes.

Je comprends rapidement que les choses les plus importantes c’est d’être observateur, très réactif et visible. Les klaxons sont omniprésents je n’ai jamais entendu ça. J’ai l’impression d’avoir le nez et la bouche juste à la sortie d’un pot d’échappement … ça pue !

J’arrive finalement saine et sauve à l’asso. C’est Tocoro qui m’accueille, m’installe dans une petite chambre et me présente les volontaires de l’association qui vivent ici.

L’asso a été crée il y 24 ans dans le but de répondre à de réels besoins médicaux dans le bidonville du nord de la ville. Avec le temps l’association a pu construire avec les habitantes, une bibliothèque, une ludothèque, un jardin, une cantine solidaire. Ce projet est une réelle réussite. C’est aussi une organisation incroyable dont font preuve l’équipe de cuisinières que j’ai rencontrée : Enma, Lili, Tocoro, pour ne citer qu’elles, sont des nanas impressionnantes qui se donnent à fond. Avec leur magnifique sourire et leur bonne humeur, c’est un plaisir de travailler avec elles. Comme elles disent : “Ici, il y a toujours de quoi faire!”. Je les aide pour la confection des menus et la manutention des produits préparés sur place comme les jus de chicha, de maracuja … en plus, c’est délicieux !

Finalement, je suis à peine sortie de l’auberge de l’asso.

La pollution et le monde me désorientent complètement.

Je sortait tout juste de l’association “Qosqo Maki” à Cuzco avec amertume, frustrée de ne pas avoir pu partager plus de temps avec l’équipe d’éducateurs et m’investir quelques jours en tant que volontaire.

Avant d’arriver à Lima, j’avais contacté Sylvie (directrice de Mano a Mano) pour annoncer ma venue et ma volonté de participer au projet. J’étais donc volontaire pour ces quelques jours. Nous avons passés des moments parfois bénins avec l’équipe, comme l’apprentissage de chansons enfantines quand on saturait de remplir des bouteilles de chicha ou nos échanges sur nos vies avec Enma en pelant 60 pates de poulet un dimanche matin 14 février, mais ca été des moments très forts. J’ai alors réalisé que Sylvie ainsi que toute l’équipe se sont vraiment démenées pour monter ce projet. Cette expérience à Mano a Mano, m’a beaucoup touché. J’ai réalisé que je pouvais, moi aussi, proposer mes connaissances et savoir faire au service de structures qui oeuvrent pour autrui dans un environnement où les besoins sont vitaux. J’ai aussi réalisé à quels point les besoins sont vitaux.

C’est à ce moment qu’un questionnement a commencé en moi-même à propos de mon retour, de ma petite vie confortable en France, de mon travail … bref. Alors que quelques semaines au passées je me sentais prête à rentrer … tout se chamboule.

 

Je quitte l’équipe de Mano a Mano pour rejoindre Irvin. Vous vous souvenez ? Irvin est les guide du Salkantay Trek. Au retour du trek il m’avait proposer de passer quelques jours chez un ami à lui. Je les ai retrouvé à quelques “cuadras” de l’asso.

Je retrouve donc Irvin et son ami. Tous les deux partent le soir de mon départ pour Huaraz. Ils font partis d’un petit groupe d’alpinistes qui parcourent le Perù à la quête des sommets de la Cordillère. Cette fois-ci, ils ont préparé un circuit pour atteindre 10 sommets en un mois. Oui, ils sont un peu fou 🙂

En tout qu’à, ils m’ont aidé à trouver une caisse pour mon vélo et une grosse valise pour mes affaires. On a tout démonté, tout empaqueté. Ca m’a fait bizarre.

De leur côté c’était repos obligatoire avant leur départ, alors on a regardé des films d’alpinisme … ca donnait envie !

 

Puis le grand jour est arrivé. On a eu un peu de mal à trouver un taxi assez grand pour nous emmener à l’aéroport, mais par la suite tout s’est bien passé. Enregistrement, contrôle … passage au duty free obligatoire : il me manque du Pisco et le maillot officiel du mondial de foot du Perù 🙂

Let’s go pour 13 heures de vol …

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